Beginning to see the light

Dans la lignée de Soto, je suis allé faire un tour cette semaine à l’expo Julio Le Parc (en cours au Palais de Tokyo jusqu’au 13 Mai). C’est qu’on est en pleine folie de revival art cinétique à Paris, il y a de quoi voir tout trouble.

Donc Julio Le Parc est un sud-américain lui aussi – argentin cette fois – et arrivé en France dans les années 50 également.20130506_171359_320130506_171900_1

Au début je me suis dit qu’on était loin de l’intensité des oeuvres de Soto…

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Et puis je suis tombé sur ce qu’on voit ci-dessus…des miroirs suspendus, quelques projecteurs, du mouvement, des ombres…de la poésie brute. J’ai complètement scotché: un aquarium dardé de rayons cosmiques.

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A partir de là, ça devient beaucoup plus intéressant: les jeux d’ombre et de lumière s’allongent, virevoltent et s’enferment dans un cercle d’hallucinations.

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Et même si la fin est un peu moins convaincante – la faute peut-être à une certaine folie des grandeurs propre au lieu – on en prend quand même plein les mirettes et ça fait du bien.

Pour vous brasser un peu la cage

Ce week-end je suis allé voir l’expo sur Soto au Centre Pompidou (en cours jusqu’au 20 Mai). Il s’agit d’un artiste d’origine vénézuélienne (1923 – 2005) ayant passé une bonne partie de sa vie en France. Je ne m’étendrai pas sur son rôle comme "l’un des principaux protagonistes de l’art cinétique en Europe dans les années 50 et 60". Les oeuvres de Soto secouent l’âme et le corps.

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On retrouve souvent ce même principe: des tiges d’aluminium suspendues sur un fond strié. Soto sculpte l’espace, joue sur les volumes et les effets d’optique pour créer d’immenses tunnels vers les mystères de la psyché.

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Parfois on pense simplement à des champs de blé, à l’infini. Sans les ondulations du vent mais avec celles de l’esprit. Le lien avec le réel est bien là, il y a quelque chose de presque bucolique.

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Tout cela ne donne rien en photo, bien sûr. Mais là déjà il y a de quoi satisfaire les épileptiques les plus exigeants.

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Là c’est pour le côté ludique, c’est vraiment pas le meilleur.

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Voilà ce qui me semblait être la plus belle oeuvre, "Cuadrado tabaco y vibracion", réalisée en 2004. Il faut la fixer. Pendant quelques minutes. Et oui ça va vous brasser la cage. Secouer la carcasse avec violence. Une expérience totalement physique. Un trip qui marque.
A bon entendeur.

Des svastikas perlés décorent la jupe blanche papier

Paul Jacoulet

Le week-end dernier je suis allé voir l’expo "Un artiste voyageur en Micronésie, l’univers flottant de Paul Jacoulet" au Musée du Quai Branly (en cours jusqu’au 19 Mai). Artiste français né à la fin du 19ième siècle, Jacoulet a vécu la majeure partie de sa vie au Japon, s’initiant très tôt à la culture et aux arts graphiques de ce pays, en particulier les estampes gravées sur bois. Au delà des superbes aquarelles et gravures inspirées du Japon, l’expo se concentre sur ses nombreux voyages, en particulier en Micronésie (les îles Marianne, les Caroline, les Palaos, etc.). Il se dégage de ces oeuvres une très grande élégance, un incroyable sens du détail (attitudes, formes des yeux…) et des couleurs (souvent un peu "passées") et beaucoup de sensualité.
Il y a également au même endroit une chouette expo sur les Philippines ("Philippines, archipel des échanges").

Paul Jacoulet

Paul Jacoulet

 

Fabulous Diamonds "Commercial Music"

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Fabulous Diamonds "Commercial Music" LP (Chapter)

C’est le troisième album de ce groupe australien. Je crois que j’ai l’un des deux premiers mais je n’en ai pas de souvenir précis. Quoiqu’il en soit, sur chaque disque, ils sont sur la pochette: elle, lui, d’une façon ou d’une autre, plus ou moins reconnaissable. "Commercial Music" est simplement le meilleur disque que j’ai pu entendre depuis le début de l’année. Et leur concert était très bon aussi. Mais j’aimerais aller un peu plus loin. Nisa est au chant et à la batterie. Des rythmiques lourdes comme des flocons au plein coeur de l’hiver. Un chant à l’élégance glacé, comme un traineau qui fuse sur la banquise, au Pôle Sud (là où il y en a encore). Jarrod est aux claviers (orgues, pianos, synthés), bidouillages et quelques voix. Des sonorités enveloppantes, un lourd manteau neigeux, des conditions extrêmes, propices à perdre les huskies dans l’enfer blanc et insulter gratuitement de pauvres phoques. Le blizzard scie les branches d’un mental congelé, pétrifié par les ondes glaciales. Dans le même temps la voix de Nisa sonne de plus en plus comme la promesse indestructible d’un large feu de camp, de ceux qui chatouillent les faîtes, affalé dans des les branches d’un sapin réparateur. Les étoiles semblent danser comme une sirène kraut chavirée par les lancinantes rythmiques s’échappant des glaces d’un monde en pleine fonte. Ne sont-ce pas les longues mains de cette sirène qui virevoltent à notre vue comme des oiseaux sauvages en pleine acrobatie matinale? Nous voici sur un promontoir. Mais c’est dans la vallée encore sombre qu’il faut redescendre au son d’une terre qui tonne, frappe, cogne pour se libérer des glaces ("Downhill"). Lacet après lacet, la vallée s’ouvre de plus en plus, nous dévore comme un sacrifice printanier. Le soleil pointe son jaune à l’horizon d’un monde en surcis. Soucis en surcis. Non-lieu pour les soucis, Fabulous Diamonds a tout arrangé. Merci Fabulous!

 

Strapontin Chicane Saturnisme

Voici la deuxième compilation de l’année. 12 morceaux dont Eskorbuto, Einstein’s Riceboys, Mazes, Besoin Dead, Sogof et Yung Simmie.

Un aperçu approximatif en vidéo.
Télécharger la compile.

Je vous laisse avec ces quelques mots de Fernando Pessoa:

"Nous naissons sans savoir parler et nous mourons sans avoir su dire. Notre vie s’écoule entre le silence de celui qui se tait et le silence de celui qui n’a pas été compris, et autour de cela, comme une abeille autour d’un endroit sans fleur, plane un destin inconnu et inutile".