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Des barreaux à la fenêtre
Gel d’ordinateur
Moquette usée
Quatre néons sur huit
Aucun angle droit
Entresol sans entre soi
Encre sèche comme encre soi
Pensée qui dépérit
Sans rire sans riz
Robinet rouge hors de portée
De vieilles consignes de sécurité
Les yeux d’un chat sur le mur
Pour seule compagnie

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Plinthes

Retrouver le chemin des mots
Petits cailloux de lettres
Premières voyelles, quelques consonnes
De manière insistante
Ne pas répondre ou à travers la porte
Dériver lentement sur la moquette imaginaire
Scruter les plinthes et les plafonds
Les recoins, les cartons
Pousser des cris, se découvrir des sons
Comme une renaissance des sens sur un tas de non

Do Yourself a Favor

Je regarde les veines sur sa cheville pendant qu’elle lit un livre sur l’intestin. Puis il y a cette femme dont l’âme semble vouloir être le plus loin possible de son visage. Un peu plus loin c’est ce goudron dans une cour d’école qui craque, se fêle et fait des bosses sous les coups de racines d’un arbre. Et ces vêtements sortis d’un sac poubelle, là, sur le trottoir. Ou encore ce glaviot qui semble fluorescent. C’est avec tout ça et des pensées qui filent que j’oublie ce qui me contrarie, ce qui m’épuise. Et cette chanson d’Ariel Pink:

Vallée de Misère

Il y a trop de soleil sur mon écran, je ne peux plus travailler et ça m’arrange bien. L’entreprise organise la destruction mentale. Elle n’est que manipulation. Je ne suis ni substance ni instrument. Je ne crois à rien de ce qu’ils proposent. Je lis (ailleurs): « I am very enchanting of your mystical so lovely letter. Je fous tout ce qui me plaît par la fenêtre. ». Et j’approuve. Je lis: « Le lieu nommé vallée de Misère était situé à l’ouest du grand Châtelet, au dessus de la partie est du quai de la Mégisserie, autrefois quai de la Vallée de Misère, au bout de la rue Pierre à poissons et autour de la rue Trop va qui dure, ou rue de la Descente de la Vallée de Misère. ». Et j’ai envie d’y aller maintenant, là, en me retournant vers le soleil, en enjambant la fenêtre, en tombant d’un étage, en traversant la cour puis un bâtiment, puis une rue, puis d’autres. Misère et désolation depuis 1673, j’aurais dû me méfier.

Je vais mettre un morceau que personne n’a liké sur fb parce qu’au moins ici, il n’y a pas besoin de liker quoi que ce soit.

Rue du regard

Ciel laiteux aux teintes dorées
Pastel d’avion au loin dans un moment qui s’arrête
Des vrombissements ou peut-être un léger ronflement
La tête qui tourne, les oiseaux qui fondent
Une flûte bien sûr
Celle de toutes les solitudes