Escalier mécanique

escalator

Ce n’est plus qu’un maigre souvenir, une infime trace dans ma mémoire. Un souvenir pulvérisé sur la montagne de l’oubli. A l’époque je prenais le train tous les matins dans une certaine gare. En bas de l’escalier mécanique, il y avait une odeur. Un mélange de pisse et de croissant chaud. Une sensation étonnante. L’impression d’une création contemporaine avant-gardiste. Un pied de nez à la violente gourmandise des nantis, une dénonciation des conditions de vie des laissés-pour-compte, obligés de faire leurs besoins dans des lieux de passage. Quand j’y pense je vois aussi les marches de l’escalier mécanique. Elles sortent comme les bagues d’un appareil dentaire. Là, cette aveuglante lumière blanche au deuxième étage d’un immeuble se trouvant sur mon trajet de retour quotidien: un cabinet dentaire, sans aucun doute. Je voudrais y amener la même odeur que celle identifiée à la gare. Scruter les réactions dans la salle d’attente. Transmettre ce souvenir, le sauver de l’oubli.

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