Brainbombs « Disposal of a dead body »

Brainbombs

Des mots, des images, des attitudes…qui ne passent pas. L’ombre qui grandit sur un mental se fissurant à mesure que l’on se rend compte de l’indifférence. De la sombre indifférence de nos semblables à ce qui remue nos entrailles. Brainbombs se pose sur ce silence avec tout ce que cela peut susciter comme inquiétude. Prendre cette place si dangereuse, crête saillante de nos pensées noires. Le groupe malaxe une bile épaisse de noise-rock cylindrique qui déroule sur nos esprits confus des torrents de cette aigreur qu’on préfère parfois ignorer. De cette aigreur dont seuls les artistes les plus équilibristes parviennent à faire réellement quelque chose. De cette aigreur piétinée, saccagée par les politiques et souvent indomptable pour les philosophes alors même qu’elle est à la source des questionnements les plus profonds. Brainbombs cherche ces résonances, complexes, avec un monde-enclume. La tête sur le béton froid. La tête sur le métal. Scruter les aspérités puis créer le mouvement plutôt que d’attendre la réaction. Explorer les rivières du mal, les faire scintiller de mille feux d’artifices comme les pires guérisseurs afin de ressentir jusque dans son eau, la boue qui frémit dans l’âme fragile. Remuer des montagnes de déjections pour comprendre réellement ce qu’on transforme, ce qui se recycle, se réincarne. User la surface avec une énergie extrême pour espérer faire vaciller le cosmos et apparaître le flash du souffle originel. Le si fragile souffle-vérité qui se cache dans des infinis de gris, de vert, de sable, d’eau, d’hommes qui nous assomment, nous étouffent ou nous noient. Le seul faible repère dont nous disposons est la trompette. Un instrument aussi fou que fragile. Et oui, seul le fou connaît le chemin. Mais personne ne le comprend, personne ne l’écoute et il ne se comprend pas lui même. C’est Cato, c’est Didi. C’est celui qui ne sait plus qu’il sait. C’est le summum de l’indifférence, le mur, l’enclume ultime. Il n’y a plus que la wah wah pour liquéfier ce bloc, la trompette pour recréer les étincelles d’un passé dévoré. Dans cette quête épuisante, le groupe s’accorde parfois des respirations, des aérations, des répétitions, des échos, de la lenteur, de la simplicité. Sans jamais perdre l’intensité qui le caractérise. « Disposal of a dead body » est sombre, brutal, radical, essentiel.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s