Filmvie

J’ai cru à une malédiction. Il y a quelques semaines, j’avais tenté d’aller voir « Cosmopolis » de Cronenberg mais je n’avais pas pu assister à la séance car le cinéma « venait de passer au numérique » (comprendre que du coup l’image était toute croche et se figeait à intervalle régulier). En arrivant dans la salle pour « Holy Motors » de Carax, je remarque quatre spots allumés juste au dessus de l’écran. Les bande-annonces sont déjà en cours et du coup on n’y voit pas grand chose. Je me dis que le problème va être réglé. Mais quand les lumières latérales s’éteignent, les spots de l’écran restent allumés. Je me retourne et pars le signaler à la caisse. Quelqu’un d’autre allait se lever. Quand je reviens le problème est bien réglé et on me souffle même un merci.
Il aurait été dommage de rater le film à cause de ces putain de spots. « Holy Motors » est un feu d’artifice de créativité du début à la fin. C’est une puissante réflexion sur le cinéma. Et plus généralement sur notre monde saturé d’images, son absurdité, sa non-absurdité. Sur la vertigineuse accélération des oscillations de vie entre prosaïque et poétique. Le film se déroule dans un premier temps sur un rythme trépidant et file une inspiration visuelle incroyable. Puis il semble s’essoufler presque volontairement, avec panache, quand il aborde l’amour et la mort. Comme une expiration qui complèterait la respiration. Et il s’achève enfin sur une nouvelle mise en abîme puissamment philosophique.
J’ai écrit cette « chronique » en buvant une canette de « Tumult », « fraîcheur fruitée », « aux notes délicates de pomme, abricot, poire ». Copyright 2011 The Coca-Cola Company. C’est dégueulasse.

PS: J’aurais bien voulu être le « conseiller limousines » pour ce film.

6 réflexions au sujet de « Filmvie »

  1. Totalement d’accord à propos de « Holy Motors ».
    Dans d’autres genres, mais rentrant aussi dans la catégorie « films qui font encore croire au cinéma », je peux aussi te conseiller « Faust » de Sokourov et « L’été de Giacomo » de Alessandro Comodin.

  2. Mouaif, mouaif, mouaif… un Lavant en roue libre (comme trop souvent, malheureusement), du second degré pénible, des dialogues à côté de la plaque d’égout, de l’humour de 3ème qui s’écrase tel otarie sur damier, comme cerise sur le navet un hommage bien lourdingue à Franju (qui n’en demandait pas tant), et une couche bonus de Chantilly avec des limousines qui font des blagues de potaches entre elles (fallait oser…), c’est ça un film qui fait croire au cinéma ? Allons, allons… un peu de sérieux les enfants !

    • Je ne crois pas vraiment à la décomposition d’un film en ingrédients…d’autant qu’ici il me semble qu’il y plusieurs niveaux de lecture/compréhension. Je crois que justement beaucoup de choses ont été tentées dans ce film (et si c’est prétentieux ce n’est pas la prétention habituelle des films français). C’est bien cette créativité – que tu ne vois que comme une accumulation prévisible et lourdingue – qui fait croire au cinéma. Et si ça manque de sérieux, tant mieux!!

  3. Justement, le film est une vraie choucroute d’ingrédients bigrement indigestes à la sauce Snobino (on devrait fournir un pochon à vomi avec la place). Si Tonton Carax veut faire son rigolo, il a un humour au 5ème degré imbitable super relou, et si c’est du 1er degré il devrait écrire des sketches pour TF1 (ou rester couché). Créativité ne rime pas forcément avec grand n’importe quoi… d’ailleurs qu’est-ce que c’est que ces bouts de comédie musicale archi merdeuses, chiantes comme une pub pour du shampoing ? ON SE MOQUE DU MONDE MOI J’DIS ! Bien tenté, certes, mais tenté quoi ?… mystère… mais est-ce que ça vaut vraiment la peine de le percer ?… Et si dedans y avait que du pus inodore ? Bon, y’a trois quatre plans jolis faut avouer mais c’est un peu léger… M’enfin bon, si j’étais Edith Scob et Piccoli je traînerais Léos en justice pour gâchis de fin de carrières d’acteurs exemplaires !

    • Je ne crois pas que le film soit « rigolo », je dirais plutôt « délirant » ou « visionnaire » (s’il faut vraiment plaquer des qualificatifs). Pourquoi toujours chercher l’humour ou le 5ième degré? Tout cela est de toutes façons absent de la plupart des films actuels. Créativité ne rime pas tout le temps avec grand n’importe quoi, je suis d’accord. Mais grand n’importe quoi ne rime pas toujours avec absence de créativité. J’ai bien aimé les bouts de comédies musicales même si je déteste ce genre: je trouve simplement que ça participe parfaitement à un élan, un mouvement du film. Je suis d’accord aussi qu’il n’est pas nécessaire d’essayer de percer le pourquoi de toutes les scènes! L’ensemble m’a juste paru largement au dessus des créations françaises actuelles « grand public », il y a un ton, une patte, une personnalité (qu’on aime ou qu’on n’aime pas).

  4. J’ai un scoop les mecs, Carax va jouer dans le prochain Astérix le rôle du barde Assurancetourix (mais chut, faut pas le dire, Léos c’est mon pote hein)

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