Problems that will solve themselves

Cheveu « 1000 » LP (Born Bad)
La face A souffle les chaud-froid, zigzague, frétille entre cordes de soirée et guitare au couteau sur un chant plus mutant que jamais. « No birds » en point d’orgue subtilement génial est enchaîné d’un « Sensual drug abuse » shooté au hip-hop vrillé. « Ice ice baby » boucle sur un étrange patchwork jazzy doublé d’une tchatche révulsée. Non-stop. Flip et le chant qui cache-cache sur une guitare satin dans un labyrinthe de malices sonores, tremblements, wah-wah-ouh-ouh. Perdu dans les phares, perdu dans les flammes, survie. Cuvée d’obsessions, le spectre du grand goufre de la psyché, la falaise du monde. Sueurs froides quasi hitchcockiennes sur « la fin du début ». Une lueur gronde, danse encore dans un coin d’une rigueur masqué. Retour aux débuts: la folie du cri originel, la chaleur d’un passé inconnu. Nuit du futur, émotion 01. Des coeurs en flocons.

Scorpion Violente « Uberschleiss » LP (Avant!)
Course-poursuite en sourdine dans les étendues marécageuses d’un bourbier mental. L’illusion d’un rythme. Les éternels échos de la confusion. Puis comme un coup d’étincelle, un sur-bip. Le bip de trop, le bip qui accroche, le bip addictif. Tension du sur-saut. Mineure insécurité du saut, projections d’infini sur la toile blanche d’une lumière aveuglante. Se frayer un chemin, se frayer un chemin. Raser les lames. Raser les lames. Ecarquillements sur la possibilité d’un faux-pas. Et puis, non, tête baissée. Descente en ondulations. Inertie. Vitesse. Frénésie des regards. Sauvagerie des corps. Rideau. Introspection, rides de sévérité. Claquements de conscience. Souffle. Jeu. Oh baby. Cocher les cases, cocher les cases, cocher les cases. Une case en moins. Une case en moins. Une case en moins. Christopher Walken. Mysticisme. Dernier tour de piste.


NON! LP (Mono-Tone)
Du parler cru, du danser nu. Tout de suite. Premier morceau. Un faux-ennui tout en fuzz, des montées d’adrénaline. Envolées de thérémine bubblegum. Rétamé à la niçoise. Génie des mélodies d’enfermement. Plaisir de l’oisiveté sur une flambée de chic langoureux. Rafales post-moderne sur ode à la « pop musique ». La joie insubmersible du je-m’en-foutisme. Claquement de porte, claquement de boite. De la rebéllion dans la moiteur du Vox. Des kick dans le conformisme,  l’attendu, le prévisible, le bien-pensant. Sans plongée ni contre plongée, à l’horizontal, plein dans les yeux. Direct. Un grand coup!


Reading Rainbow « Tough Love » 7″ (Hozac)
Un duo de Philadelphie. Une belle pochette. Harmonies vocales explosées par une guitare tronçonneuse qui abat des forêts de bons sentiments. Un par un. Souffle. Contre-souffle. Un mouvement d’air imperceptible et les dominos qui basculent dans une symphonie martiniquaise. Atonalité d’un matin imprévu. A moins que ce soit un après-midi avec un gros chien. Des voix encore. Et ce léger décalage en forme de subversité dans un grand champ d’indie pas assez indo-smoking. Comme un mini-top d’iceberg qui se hisse en 45 tours. Fais tourner.

No Balls « Problems that will solve themselves » 7″ (DF)
Stridence. Désoudage. Guitares au pilon, droit dans le mur. Chantier gigantesque, rouillé. Remue-métal à ciel fermé dans un cycle tornade. Un avant-goût qui devient après-goût, des tonnes d’amertume d’une humidité crasse. La rouille en potage le long des découpes infernales. Hurlements de vérité sous d’énormes couvertures de sédimensonges. Mots écrasés avec pachydermie. Scie des soucis à la chaîne, saut des ciseaux à la traîne. Du collage brut.

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