God or just a slow breeze

The Spectrometers « 1/2 Mechanism 1/2 Organism » 10″ (The Cosmic Dept)
Projet d’un seul homme, rescapé du groupe garage niçois The Groovers, Spectrometers dévoile la suite d’un premier LP qui n’était pas passé inaperçu ici il y a quelques années. Chaude reverb’ sur chambre froide, oscillations impromptues et quelques accords lointains sur une rythmique rachitique, « Avant Garde After Dark » donne le ton de la face A: lunaire. Musique dans un monde étouffé, suffoquant, aliénant. On pense aux merveilles les plus mystérieuses du label Creel Pone. La face B intensifie la transmission, enrobe le continuum d’un frisson intergalactique. Le dernier morceau massifie d’une basse reptilienne comme la danse hirsute d’étoiles filantes dans notre cosmos intérieur.

King Lee feat. Quintron « Tire Shop » 7″ (Goner)
King Lee était un gars de la Nouvelle Orléans. Il bossait dans une boutique de pneus, le « St. Claude Tire Shop ». Sur ce 45t posthume, il check avec le roi du groove du bayou, Mr Quintron, pour une bombe de morceau en 2 parties, sur 2 faces. Lee en talk-over éponge tranquille les noms de ses collègues et amis de boulot pendant que Quintron mijote un instru du tonnerre, toutes basses dehors, drum-machine au plancher. On est quelque part entre un ovni bombastique du Queens et la steel-folie carnavalesque des Caraïbes avec un coup de trafalgar bien moite en bonus, ça suinte l’été, goudron cramé sur visages rougeauds, on en redemande.

The Parasites of the Western World LP (Criminal/De Stijl)
Le premier morceau, « Mo », s’écoute très très très fort. Y’a un effet de je-ne-sais-pas-quoi, ça souffle, ça crisse sur fond de vieux accords stoogiens et de voix karcherisée. Envie de sauter au plafond, de tout casser dans le « Western World ». Mais les parasites savent aussi se faire plus discrets, faire mine de diluer leur transmissions transgressives dans un coin de néon, dans un spectre de reprise des Beatles (« Flying »). 1978. Un vieux fond de blues basse sert d’intro à une projection proto-electro crépusculaire (« Funeral for a mouse »). On flotte ensuite dans une pénombre éclatante au dessus de ruines gigantesques, soufflé par une nuée de bourdons caramélisés. S’aplatir sur un piano d’acier chatouillé par des chalumeaux d’outre-tombe entre deux corbeaux robotiques. Puis courir à en bouffer ses poumons dans une dévastation froide, plate et poussiéreuse. Tomber souffle-à-souffle avec le survivant (« You must be Joe King ») qui vous dévisage de glace dans un instant d’éternité frelatée. Puis se finir dans le halo aveuglant d’une présence irréelle, se débattant dans la sur-acidité pernicieuse d’une enlèvement liquide.

The Menthols « Michigan Works » LP (UFO Dictator)
Comme une grenade de tension brute qui vous explose à la gueule. Un concentré de machinerie disparate qui allonge sa puissance de frappe sur un vinyl vert.  C’est le LP des Menthols. On cause pas entre clopes parfumées, le hard liquor coule à flot le long de chevelures hirsutes, se faufilant dans la chaleur suprenante d’un vieux bar tombé en pleine friche. L’héritage du coin est craché à la gueule en ouverture comme un vilain rhume qui traîne. On enfonce ensuite le gaz dans un nuage de fumée noire, agité comme dans une virée névrotique au fin fond de l’Ohio. Le territoire n’a pas de limite. Lancinante chaufferies hivernales au pied d’un pack de 36. Puissance enivrante de vapeurs douteuses. Grandeur onirique d’un matin glaçé en tenue camouflage sur le sol poissant d’une enième rade du grand nulle part. Un disque qui livre beaucoup.

Nerve City « Sleepwalker » EP (Sacred Bones)
Persillades de guitare en tranchée dans le coffre deuxième-peau d’une production à l’étouffée: voilà le nouveau Nerve City dont on vous parle régulièrement par ici. La beauté éclatante d’un « Armory » semble scintiller dans la sublimation d’un isolement réparateur. Les morceaux mille-facettes pétaradent d’une chambre mal chauffée. Garage un peu, surf mais pas trop, pop sur les bords, glissant avec une habile versatilité sur une inspiration sans faille, Nerve City maîtrise aussi une production qui n’a rien d’improvisée. Artisan soigneux mais pas démonstratif, les mélodies déviantes gardent le piquant du premier jour même après des semaines de pratique sur carrelage crasseux. Un nouveau tour de force en 45 rpm.

First Base! « She’s boy crazy » 7″ (Play Pinball!)
Une note de bonheur brute dans un monde de caves. L’entêtement guilleret d’un enchaînement d’accords simplistes. La chaleur d’un orgue de foire. Une salvatrice couche d’insouciance surchauffée sur un vieux plat de romances froides. First Base se construit sur une ligne droite qui file avec une élégance qui s’ignore sur la magie panoramique d’une pop ectoplasmique. L’authenticité crève le sillon, le punk rock d’un vieux chaudron agrémenté de la fraîcheur épicée d’une approche « pour le fun ». Tout ça donne envie de réécouter en boucle un bon vieux Real Kids. C’est dire.

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