Illusions of the teens

Nouvelle sortie pour le label strasbourgeois Bibimbap – géré par le gourou de la Triple Alliance de l’Est, Seb Normal – en co-production avec Rijapov: un split 10″ entre Feeling of Love et les italiens de Movie Star Junkies. On notera d’entrée la très belle pochette de Sylvie P. Feeling of Love dans la lançée de ses précédentes productions et revigoré par une formule live désormais en trio fait toujours swinger son blues sur des terrains glissants. Feeling of Love déverse des torrents de soul froide (« The way to suck »), lance quelques cris presque joyeux (« Rapeman blues ») et se voit propulsé à plusieurs reprises par une batterie dynamite (le fameux Seb Normal, encore). Movie Star Junkies est aux premiers abords moins original avec son raffut sous influence Link Wray/Cramps. Mais le bouillant « Do the kick » laisse entrevoir le son fiévreux des italiens sur scène, son qui va bien plus loin qu’un banal groupe de revival garage fuzz. Voilà finalement deux groupes qui, sur des bases garage assez classiques, construisent chacun au fil de leurs concerts et de leurs disques un son sans concessions, puisant à l’occasion dans le jusque qu’au-boutisme de la no-wave ou du psychédélisme le plus frissonant.

Il y a quelques mois – et je ne crois pas en avoir encore parlé ici – Feeling of Love avait également sorti un 45 sur Rococo Records; très belle pochette de Sylvie P là aussi et trois titres qui font mouche. Grosse mouche même. « Handclap girl », déjà un hit de son set live est un blues-synth-punk dont la folie sous-tendue est aussi perceptible que le rythme est imperturbable. « I’m nothing but a drunk pussy », plus noise et plus déconstruit, glisse et se rattrape dans un mouvement étonnant. On passe de l’autre côté du plexiglas. Et sur la face B, Feeling of Love pète le plexiglas! « Jordan’s Rules » met somptueusement en musique le texte d’une interview de Michael Jordan: c’est dense, violent comment une claquette en rebond ou un dunk bien fumant et ça bute le parquet à tous les coups!

Deux nouveaux disques pour les Hulks, le groupe garage-noise tout en vert. Sur « Pussy Cola », sorti sur Killed by an axe, ces incorrigibles pères verts foncent de nouveau dans l’enfer no-fi avec une conviction digne d’un rhinocéros en pleine charge. Ces bruyants animaux semblent même connaître une saison des amours comme en témoigne « I love you », love-song enrobée d’épaisses couches bétonnées de hardcore noise à la Brainbombs. « Highway pussy » la chanson qui figure sur leur split avec El Vico (Sentenza records) a été enregistrée par Marco P et mixée par Vince P qui ont chacun quelques bonnes années d’auto-bricolages sonores dans le dos. Le son est moins no-fi et le trio échevelé, après avoir saccagé du bitume, coure maintenant les grands espaces comme dans un infini travelling frénétique. De leur côté les perpignanais d’El Vicio nous gratifient d’un « Death Trip 2024 » qui ravira les fans des Gories et du début des Dirtbombs. Ils tombent vite dans l’absinthe comme en témoigne le liquéfié « Drunken Zombie » qui met l’auditeur dans la situation de l’écureil fou de Tex Avery quand il a le mal de mer…

Le groupe de St-Ouen The Creteens poursuit sa conquête des Etats-Unis avec un nouveau 45t sur un label américain, cette fois il s’agit de « Kway bleu » sur Boom Chick. La chanson titre fait dans le teenage angst-punk sans scrupules avec chant en français et enregistrement crado. Bien envoyé. Mais c’est « Hot sauce » qui déboite la clavicule, on cause là d’un bon vieux chili du diable, de ceux qu’affectionnait un groupe comme Necessary Evils il y a quelques années. La Face B arrache un peu moins mais parvient tout de même à décocher quelques bons uppercuts, entre Devil Dogs et Tokyo Electron.

Les Menthols nous arrivent de Detroit et leur 45t, « 848 », sorti sur Florida’s Dying a été enregistré par Jim Diamond. Il y a quelques années voilà qui sonnait presque cliché. Mais les projecteurs médiatiques se sont éloignés du Michigan. La scène musicale semble avoir été un peu abimée par cette exposition mais les nouveaux groupes qui en sortent aujourd’hui n’en sont que meilleurs. Les Menthols sont de ceux là. Ils ont cette attitude « dans ta face » propre aux meilleurs groupes du Midwest et sonnent comme le Bob Seger sauvage des débuts croisé avec la fougue des Stiff Little Fingers et les dérivations mentales d’Hawkwind. Du mid-tempo houblonné, faussement balourd, faussement simpliste – quoique les paroles sont minimalistes, c’est vrai – et en tout cas totalement soufflant. J’attends la suite.

Après un premier single au charme discret mais bien réel, les Electric Bunnies reviennent avec un deuxième disque sur Florida’s Dying (un label définitivement à surveiller). « Chewing Gum » offre un machouillage guitaristique haut perché et bien acide sur un chant particulièrement grave et traînant. Une fois de plus je suis conquis par ces petits rien qui, à mon sens, font des Electric Bunnies un des groupes les plus prometteurs du moment. « Love Radiation » est plus punk et les guitares mugissent soudain comme un fauve réveillé en plein sommeil. Après l’uppercut trash de « Super Fluorescent Hippo Flashback », les Electric Bunnies nous épatent avec « The Stranger ». Un titre jazz-psych post-apocalyptique auquel on pourrait presque trouver des accointances musicales avec le « Revolution Will Not Be Televised » de Gil Scott Heron. La guitare ne fait que roder, sale, dronesque, cachée derrières les cymbales. L’atmosphère est aussi intriguante qu’inquiétante et clôt parfaitement le disque. Il y a un autre single qui sort ces jours-ci sur Columbus Discount.

On reste sur Florida’s Dying avec un nouveau single des Daily Void à l’artwork particulièment réussi (comme toujours avec ce groupe d’ailleurs). Le disque s’ouvre sur un mid-tempo pernicieux où les guitares fourmillent et le chant est particulièrement morveux. L’atmosphère est psychotique et renvoit à d’autres groupes du moment comme les excellents Nothing People. Après un instro qui défonce la guitare hystérique de « (the) faces », semble un moment bloqué en stop/repeat et installe avec assurance un climat des plus oppressants. Tous les voyants sont au rouge. La fin n’est qu’une ellipse…car la guitare revient pour un endless loop ultime. LE endless loop qu’il faut avoir pour l’été. Suées garanties. Idem pour leur single sur Hozac et ce « Surprise Surprise you’ve lost your eyes ».

Si vous êtes à la recherche d’un bon single de garage rock pur jus, je recommande celui de Ric Rhythm & The Revengers sur Shit In Can, label de Haute Savoie. Le groupe n’est pas savoyard mais américain et nous vient du fin fond du Nebraska. Il paraît qu’ils étaient là avant les Brimstone Howl – qui eux ont déjà fait une tournée européenne il y a quelques semaines – et dans la bio du groupe – insérée dans la pochette – Todd des Shanks nous dit: « I have no clue how these losers own band equipment but they somehow do ». Mais peu importe d’où ils viennent, depuis quand ils existent ou sur quel matériel ils jouent: les chansons sont là et nous prennent à la gorge. C’est du tout bon, du garage qui décrasse parfait pour le nettoyage de printemps. Ne passez pas à côté!

Même si leur LP était un peu décevant les Blank Its ont remué la scène punk du Nord-Ouest des Etats Unis depuis leur premier 45t autoproduit sur Band Its Records. J’étais donc ravi d’apprendre la sortie d’un nouveau single sur ce même label. Pourtant la face A n’est qu’à motié convaincante. Heureusement sur « Stretch Pull Stretch » je retrouve ce qui m’a plu à l’origine dans ce groupe: ce côté mal peigné, aussi régressif que percutant et cette voix à la Spits. « Mind Warp » est pas mal non plus et même si ce single ne s’avère indispensable que pour les inconditionnels, le prochain sur Sweet Rot pourrait bien de nouveau frapper un grand coup.

Déjà le volume 5 pour la série de compilations 45 « The World’s lousy with ideas » du label Almost Ready. Je vous mets la pochette. Comme d’habitude dans cette série le « quality control » est bien enclenché et en l’occurence nous avons là 3 groupes, 3 titres et rien à jeter. Catatonic Youth, étrange projet bedroom punk à la Blank Dogs épate avec la violente mélancolie de « Control my gun » et les rusés surf-punks californiens de Christmas Island ne sont pas en reste. Enfin Dan Melchior, le « confirmé » du lot ne s’en laisse pas compter avec son diablement entraînant « Stacked Sally Summer ». Du tout bon, une fois de plus.

Le 45t de Fag Cop sur Eat Records est déjà épuisé. 300 copies dévorées par des internautes. Il parait que j’ai eu une des dernières copies. Mais ça tout le monde s’en fout et heureusement. Parce que qu’est-ce qu’on a là derrière, derrière le sobriquet bien myspace de « Fag Cop »? Et bien juste un type qui fait du no-fi punk pas trop mal troussé sur une petite farandole de morceaux démos. « Dope Womb » est correct, « Got No Life » joue la carte speed punk tout à fond lignée Reatards des débuts et « Tunnel of love » lève un peu le pied sur la disto (ce qui n’est pas plus mal). Au final tout cela est bien sûr un peu surestimé. Allez je vends mon 45t de Fag Cop. A prix normal, pas d’enchère.

Headache City qui était en concert à Paris il y a quelques mois sort son nouveau single sur Hozac Records. « Teenage Grease » est à la hauteur du très bon concert qu’ils ont donné, soit un mélange de power pop, de punk et de post punk – pour employer des étiquettes bien connues – qui me remémore la savante mixture concoctée par les parisiens d’Anteenagers M.C. C’est un peu du même tonneau et c’est un bon disque!

Sorti conjointement par les assos « Music For Stupid Jerks & Silly Girls » et « Reims Punk’n’roll » le premier 45t d’OhmFacom, groupe de Charleville-Mézières est disponible sous une belle pochette et en vinyl rose. Les chansons dépotent bien et leur « garage punk rural » convoque autant les Kids ou Périphérique Est que de bonnes vieilles sauvageries chères aux Devil Dogs. Le chant est parfois en français parfois en anglais et dans les deux cas, ça fonctionne.

Le label italien Goodbye Boozy poursuit son exploration de la scène montréalaise avec le split Cocobeurre/Chocolat. Cocobeurre est un groupe formé par Coco, la soeur de King Khan. « Baby where you gone » enregistré en 2001 avec son frère est une chanson 60’s vaporeuse et post-tout. Etrange. « Watermelon » est encore plus frappant par son psychédélisme éthéré auquel Choyce (CPC Gangbangs), convié sur ce morceau, n’est sans doute pas étranger. Chocolat, dont le premier album est très bien accueilli au Québec depuis quelques semaines, présente là quelques unes de ses premières chansons. On pense à un croisement improbable entre le Dutronc des début et les Demon’s Claws (deux membres jouent d’ailleurs dans le groupe). Le chant en français sonne particulièrement bien. L’orgue bouge, le son est chaud, l’accent accroche l’oreille. Les futures Secrétaires Volantes?

Le duo de globe-trotters King Khan & BBQ a toujours de belles couleurs sur le 45t récemment sorti par Crypt. « Teabag party » est un bonheur de rock’n’roll scintillant, cintré d’humour joyeusement potache!

Le groupe bordelais Complications, formé par Marco Fatal, Looch Magnetix et l’ex batteur des Weakends, a déjà sorti deux 45t. Le premier est sur Sentenza et s’ouvre sur un instru sauvage presque à la Catchers (l’ancien groupe de Looch). « Everything » enchaîne avec un garage blues-punk teigneux mais c’est sur « Kick You »‘, ballade déviante à la Bassholes/Cheater Slicks qu’on perçoit le grand point fort du groupe. Le 45T sur Yakisakana est recommandable aussi avec un mid-tempo à la Fatals et un titre chanté par Looch.

Restons à Bordeaux avec le premier 45t des Weakends qui sort sur Rob’s House records, le label d’Atlanta. Deux titres enregistrés à Bordeaux par Julien Perez et mixés par Cheveu. Le son est très bon justement, les chansons – quelque part entre Black Lips et Demon’s Claws – ressortent bien. Dans le genre c’est sans aucun doute l’un des meilleurs groupes du pays et quand ils sont bien échauffés ils sont assez irrésistibles sur scène.

Premier 45t aussi pour Minitel, groupe composé de deux membres de Sister Iodine, Hendrik d’Helicoptère Sanglante et Juliette Bineau. Très belle pochette. Explorateur d’une jungle post-industrielle remplies de dangereux acronymes, le groupe trimbale sa batterie primitive et son minimalisme tribale. On tombe dans le bois. La baraque est secouée, l’emballement plane puis tout s’arrête. En face B on se retrouve en début de journée à tenter de capter des ondes. La liaison est difficile, la forêt danse. Sur « Minogue » le ciel est plus clair bien que des bruissements persistent jusqu’à la détente finale.

Le compagnon idéal du disque de Minitel est à mon sens le 45t de Billy Bao « Accumulation » sorti sur Xerox Musik. 10 titres d’une minute, 5 par face. Une pochette noir & blanc qui dit tout sur l’absurdité de l’accumulation (tous les 45 tours chroniqués ici par exemple…). Dès la face B c’est la loi martiale, les bottes, le bitume, un grognement à peine étouffé dans un silence étourdissant. De plus en plus de bottes. Des tambours. Mais les grognements se font plus insistants. Face au mur. Au mur de la face B où le chaos est là. Les flammes, le désordre, la confusion sourde. Les voix graves, happées, criantes, se mélangent comme lave en fusion. Puis coulent, s’arrêtent, recoulent. Incandescence. Destruction. Billy Bao.

Destruction Unit justement, parlons-en, il y a un nouveau single sur Disordered/Lo-Fi. « Let’s lie » est un furieux hit synth-punk made in Arizona. « Mexico Murder » frise la saturation tel un croisement impromptu entre Screamers et Reatards. Les vocaux, très criés, auraient pu être mixés un peu différement mais les amateurs des Lost Sounds et de Digital Leather devraient y trouver leur compte.

Quoi d’autre? Ah oui quelques pépites des antipodes sorties sur Aarght Records. D’abord Ooga Boogas, le nouveau groupe de Rich des Onyas: ça bute dès la face A avec un punk rock hyper accrocheur à la Victims. Rich brûle. La face B est plus 50’s punk avec un orgue d’outre tombe. Je n’ai pas grand chose d’autre à dire si ce n’est que c’est probablement l’un des meilleurs disques entendus depuis le début de l’année. Et que le label vient aussi de sortir le deuxième LP des Eddy Current Suppression Ring (que Rich a grandement contribué à lancer). Et si ça ne suffit pas je peux vous parler aussi du 45 de U.V Race, un tas de chansons loose et de déconstructions in vivo parfaitement surprenantes (« Lego man »). « Bad news » en dit beaucoup avec des airs de rien…décidément ça bouge par là-bas.

Sur le podium des singles sortis depuis la fin de l’année dernière, il y a bien entendu le single de Wizzard Sleeve sur Hozac. « Mommy’s Little Baby » et son synth-punk néanderthalien laisse des traces à chaque écoute. « Mommy’s little baby, Daddy’s big mistake…I sit alone and I wonder what’s all this for? (…) Every cliché hits me on my ride out of town. She’s my cleansing mother, he’s my dirty father. He killed my baby brother cuz he scratched your baby sister. Enorme aussi la ligne de basse de « Prerodactyl Meltdown » sur laquelle pousse une mélodie synthétique particulièrement entraînante. Et des paroles toujours délicieusement déviantes: « I drug the river. The river of faces. Faces from places that bleed into the river ».

Après un concert fulgurant à Paris il y a quelques semaines, Intelligence revient sur ma platine à travers leur dernier single « Debt & ESP » sorti sur Plastic Idol. Le line-up du groupe a une nouvel fois évolué autour de Lars Finberg mais les chansons sont toujours aussi bonnes. Du bricolo-punk très solidement construit, post-électronique sans doute, aux basses écrasées très certainement, aux boucles dorées et répétitives assurément et au résultat aussi éclaté qu’éclatant. Là tu montes le volume. Toujours un peu plus. Parce qu’Intelligence écartèle la pop avec une adresse jusqu’alors inconnue.

Partons en Suède où l’excellent fanzine/label Savage continue de secouer la scène de Stockholm. Ils ont récemment sorti deux disques. Le premier est signé Original Three, un groupe de la Nouvelle-Orléans dans lequel on retrouve Ian, guitariste des Black Lips. Mais le son d’Original Three n’a pas grand chose à voir avec ces derniers: il est plus sombre, plus lourd, plus écorché. Ian est un incroyable guitariste, son jeu est aussi désinvolte que venimeux. Original Three c’est un peu les Lost Sounds des débuts sans la charge synthétique et avec une surdose de vague à l’âme sudiste. Un groupe assez sous-estimé il me semble…

Sur Savage aussi nouveau single des Forbidden Tigers du Nebraska qui, comme leurs jeunes collègues de Brimstone Howl, Thomas Function ou Ric Rhythm & The Revengers, ont trouvé dans le big nowhere de quoi sortir un garage punk imparable, sauvage et dénué de tout polissage. On sent là des morceaux d’une incroyable spontanéité mais dont la force « évidente » est de pouvoir essuyer des heures de répèt’ et de scène sans le moindre baillement et ce loin du vide urbain des groupes en vogue.

Incroyable nouveau single de LiveFastDie sur le label italien Goodbye Boozy: un son enclumesque bardé de fuzz jumbo-trash pour leur nouveau hit « Buzz Buzz Buzzard ». De quoi devenir complètement dingo. « (He’s got) Pecker Breath » garde la sauvagerie et y ajoute un nappage délicieusement malsain.

En avant-goût ou en complément de leur récent premier album sur In The Red, je recommande le single « Handy man » de Cheap Time sur Douchemaster. Jeffrey Novak et ses comparses gravent là quelques chansons glam-punk de première volée. A suivre.

Sommet de noirceur inquiétante, le single de Francis Harold & The Holograms sur Going Underground conjugue masques et violences animales. On pense en flash à Human Eye ou aux Piranhas. Et on en revient vite à cette question essentielle présente sur le collage de la pochette « est-ce qu’il fait chaud en Juillet? »

Aucune transition pour vous annoncer le dernier single de Kania Tieffer « Family & Transformation » sur le label belge l’Armée des bonbons. On y retrouve pourtant son hit « Ma reum » (une sombre histoire de pâtes au thon…) qui dans la petite famille electro-punk minimaliste, gouailleur et ludique n’est pas loin de ce qu’on peut faire de mieux.

Pour boucler sur Intelligence, je vous suggère aussi le split Cheveu/Crash Normal sur Rococo où les normaux attaquent le savoir-faire du groupe de Seattle à l’italienne, avec une frénésie quasi-transalpine. « La cerise » de Cheveu est présentée ici dans une version aussi frénétique que sombre et bluesy; une sorte de Bassholes sous speed ou un parcours chaotique en pleine prairie – et sous une bonne grêle de printemps – pour trouver le début (ou la fin) de l’arc-en-ciel.

Le premier 45t des Chimiks est sorti sur Elegances Records sous une belle pochette noir & blanc de Christine Fuzz. Deux chansons et une seule face pour un trash-punk no-fi à l’élégance bien poissante, comme un Cheater Slicks tombé dans la colle ou les Fatals des débuts parachutés en pleine pétarades du camping des 24h du Mans.

Enfin, gardons le meilleur pour la fin, avec le nouveau single des Anteenagers M.C sur Plastic Idol. Le groupe parisien, aussi rare qu’essentiel, signe là un EP bluffant de bout en bout. « (Illusions of the) teens », « MAO vs The sparrows » ou encore « T.V ad » sont trois morceaux brillamment acérés après avoir macéré dans un bain de pub-punk et DIY power pop 70s. C’est un de ces petits travaux artisanaux aussi discrets que remarquables, au résultat étincelant et solide. Une valeur sûre qu’on va garder longtemps et user avec plaisir. D’autant que le disque se clôt avec une parfaite reprise de « Let’s get back together » de The Kick.

Aux 3,2 lecteurs occasionnels: les chroniques d’albums seront publiées ultérieurement.

2 réflexions au sujet de « Illusions of the teens »

  1. putain ce blog tabasse! ça faisait un bail que j’en cherchais un comme ça en français! toutes les chroniques que tu fais = tous les trucs que j’aime. cool.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s