Please be quiet

Dans le numéro de la semaine dernière du « Courrier International » il y avait un dossier « RevoCul dans la musique ». J’avais quelques heures de train à tuer alors je l’ai acheté, je pensais que ça serait un peu chaud. Quoique tout cela était finalement un prétexte pour nous faire la pub du dernier Manu Chao – il parait d’ailleurs que c’est vraiment son dernier, ouf.

Bref, donc ce matin je relisais un des articles. Un article du « New York Times Magazine« . Ouais. Je lève la tête et tiens une voisine qui lit le même numéro. Mais pas le même article. Les cheveux bien noirs dans le haut blanc-et-noir col en V. Pourtant le nouveau numéro est sorti. Peut-être que la couve ne lui plaisait pas ou qu’elle attend d’avoir terminé ce numéro là avant d’en acheter un autre. Mais que de disgressions bon sang.

Donc l’article du « New York Times Magazine » nous conte l’histoire merveilleuse d’un informaticien qui du jour au lendemain décide de se lancer dans la musique et d »écrire et d’enregistrer une chanson par semaine pendant un an. Et de vendre le tout sur son site internet. Et apparemment ça marche à fond: il se fait entre 3000 et 5000$ par mois et il peut jouer où il veut, il sélectionne les villes où il a « au moins 100 fans ». On nous raconte précisément son quotidien. Le matin, il prend son café, « ouvre son Powerbook » et passe 6 heures à dialoguer avec ses fans. Il reconnaît que c’est épuisant mais on comprend au final qu’il est content. L’article mentionne aussi le groupe new-yorkais Hold Steady qui se plaint aussi un peu de l' »intimité » exigée par les fans. Les Hold Steady préferent « garder une part de mystère », aussi se sont-ils fixés des règles et ils se refusent « à divulguer leur vie privée comme Britney Spears ». Mais tout de même.

Le Myspace des Hold Steady compte 24 852 fans. Et ça n’arrête pas puisqu’ils ont un robot pour accepter toutes les demandes d’amis. Il est où là le putain de mystère avec un robot comme ça? Si on ne peut plus refuser des demandes, si on ne peut plus envoyer paître tous ses « fans » avides d’infos exclusives, d' »intimité »?

Il est même arrivé à l’informaticien de demander à ses fans de lui trouver des riffs de guitare. Les fans s’exécutent avec plaisir! Mais, ces fans, a t-on au moins le droit de les éviter? de les insulter? ou mieux de les ignorer?

Certains essayent encore.

Voilà la nouvelle Révocul de la musique, entre cynisme et misanthropie. Il faut choisir.

you talk too much
no one’s listening
to what you have to say
just shut up
just shut your face

just shut the fuck up

Il a raison Digital Leather. Je vais me taire là.

Une réflexion au sujet de « Please be quiet »

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