
C’était il y a quelques semaines à Londres. Je passais de bon matin à la boutique Rough Trade (l’adresse “historique” sur Talbot Road, il faut préciser depuis l’ouverture de leur immense magasin dans l’East End). Quand me voilà enfin décidé à acheter quelques disques trouvés dans le bac à 45 tours, le vendeur – particulièrement discret – esquisse un petit sourire. “Vous connaissez ce groupe?” me demande t-il en désignant l’un des singles? “Euh oui, un peu”. Il retourne alors le disque et désignant l’un des musiciens me déclare un peu fier: “c’est moi là sur la photo”. Damned! Le bassiste d’Animals & Men travaille chez Rough Trade. C’est un “très vieux disque” me dit-il. Je regarde: “1980″. Pas si vieux! Et je peux rajouter maintenant: tellement bien. Epatantes justement ces lignes de basse boa-constructor sur “the terraplane fixation” (face A). De quoi étouffer cette guitare frétillante et ces discrets choeurs proto new-wave. La face B, “Shell Shock”, qui met en avant le chant vénéneux de la chanteuse Susan Welles est également totalement bluffante avec son espèce de crescendo surprise. C’est sorti sur Strange Days Records et c’est un putain de bon disque.