août 2007


La comédie, quand même, c’est autrement plus difficile que le drame. Plus difficile à écrire, plus difficile à jouer. Parfois plus difficile à regarder. Difficile. Alors quand il y a quelques mois - bien après tout le monde - j’ai découvert la série anglaise “The Office“, je me suis dit que les anglais savaient encore y faire. Et ce Ricky Gervais, quel acteur quand même. Ancien manager du groupe Suede paraît-il. Mais ça je m’en fous. Il parait qu’il est devenu mégalo et que dans la vraie vie il est aussi con et cynique que ses personnages. Mais ça je m’en fous aussi. Parce qu’après j’ai découvert “Extras“, autre série dans laquelle il joue un figurant de cinéma terriblement loser. Et c’est très bien aussi. Ricky Gervais cultive l’embarras comme les tomates. Mais avant de lui en lancer, gardons l’oeil sur ce qu’il fait.

J’ajoute que ce Ricky a un accent formidable. D’ailleurs les accents, voilà un bon filon pour la comédie. Le dernier exemple en date étant “Flight of the Conchords” une série qui suit un duo de musiciens néo-zélandais qui s’installent à New York. On remarque là aussi quelques scènes aussi stupides que réussies dont pas mal de chansons “improvisées” qui rythment chaque épisode. Et un accent que l’on n’a pas l’habitude d’entendre souvent.

 

L’expo “Objets Blessés, la réparation en Afrique” au Musée du Quai Branly nous fait découvrir une centaine d’objets rafistolés. Au premier abord rien d’incroyablement particulier et pourtant en découvrant les raisons et les techniques de ces réparations, on comprend que celles-ci s’attachent autant à restaurer la fonctionnalité des objets qu’à leur donner une nouvelle vie. Ces objets - souvent objets de rite - ont une signification bien précise et la réparation acquiert ainsi un sens beaucoup très fort. Le matériau utilisé est parfois végétal mais il s’agit souvent de métal. Dans un petit film, un réparateur malien confirme même que “quand il y a métal il y a changement”. Métal = Changement. Métal Changement.

Au même endroit je vous recommande aussi l’expo “Ideqqi, arts de femmes berbères” qui s’attache à nous montrer comment de vieilles femmes font de la poterie en Kabylie. Il y a là aussi un petit film assez passionnant. 

J’ai hésité avec Transformers. Enfin non. L’affiche n’était pas bien. Donc il y a quelques jours je suis allé faire un tour à l’exposition Weegee au Musée Maillol. Si vous utilisez le métro parisien, vous avez sûrement vu l’affiche, elle est partout. Presque comme les Transformers.

Weegee de son vrai nom Arthur Fellig était un photographe new-yorkais. Cette expo présente 228 tirages d’époque de ses photos-reportages des années 1935-1945. Planqué, tapis dans les bas-fonds du Lower East-Side, Weegee se fait un nom en flashant à chaud les victimes des meutres les plus crapuleux. Les cadavres ont les jambes croisées, attitude faussement relax traduisant probablement d’ultimes torsions de douleur. A la recherche autant de sens que de sensations, Weegee épate par ces instantanés parfaits qui révèlent souvent une grande diversité d’expressions et de réactions face à un même évènement. Le propre devient figuré, le noir et blanc éclate et Weegee excelle dans les photos de groupe, de foule. Il devance les jeux de miroir d’aujourd’hui, boursouflés d’ego et de cynisme.

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